TEXTE CRITIQUE

Le Dernier Salon où l'on Cause

Artempo | Leu Tempo Festival | Saint-Leu

Installation | Dimensions variables | 12011

Acquisition FRAC Réunion 12011

Prêt de longue durée à la DAC OI, rue Labourdonnais à St-Denis.

 

Bleu Azur

Revue Stradda n°21 - Juillet 12011

Depuis le milieu des années 2000, les plasticiens Guillaume Lebourg et Xavier Daniel œuvrent au "marronnage de l'art plastique". Se détachant du contexte muséal, ils investissent les paysages de l'île de La Réunion pour y poser des oeuvres incongrues, tel le "Zafer" ("truc" en réunionnais), une sculpture de 3.50 m de haut: "une référence au monolithe de "2001, L'Odyssée de l'espace"; nous l'avons installée à 4h du matin dans la plaine des Sables, un plateau volcanique qui rappelle la scène initiale du film de Stanley Kubrick", se souvient Xavier Daniel. Ces gestes artistiques éphémères s'incrustent dans l'environnement durant la nuit, pour surprendre le passant au petit matin.

Bleu azur. C'est dans l'espace citadin que se poste leur dernière création: Le Dernier Salon où l'on cause, onirique mobilier d'intérieur composé de pièces bleu azur à la plastique biscornue. Ce fragment de sphère privée propulsé en pleine rue appelle le public à une halte pour un brin de discussion. A Saint-Leu, le festivalier pouvait y rencontrer des invités - responsables associatifs, philosophes, architectes...-, sollicités par les artistes pour initier des échanges d'idées sur des problématiques locales concrètes, telles que l'autonomie énergétique ou alimentaire dans un contexte insulaire. S'inspirant des usages intimes pour relancer le débat commun, "Le Salon" prend le pouls de l'espace public: appropriation timide ou spontanée, mélange social, mixité des genres... Il compte, à terme, impulser des créations in situ, adaptées aux différents espaces traversés: "des réponses artistiques à la manière dont ce "Salon" nous permet de percevoir les usages de l'espace public dans un contexte donné", imagine Xavier Daniel..

Dans la rumeur de l'espace public, et parfois dans ses turbulence

Revue Mouvement - La Quête de l'espace, une odyssée européenne - 12011

D'une simplicité confondante, le dispositif imaginé par le collectif réunionnais Art Marron est pourtant diablement malin : c'est en pleine rue que Guillaume Lebourg et Xavier Daniel posent leur Dernier Salon où l'on cause - une pièce plastique bleue, biscornue, d'une beauté minérale et énigmatique, comme une joyeuse invitation à croiser les sphères intimes et privées. « La pièce n'est complète que lorsque des gens sont présents dans le salon et échangent », explique Guillaume Lebourg. Appropriation timide ou spontanée, mixité sociale. Le salon permet de prendre le pouls de l'espace public, de rendre compte de ses enjeux - usages et limites, tabous et envies. En mai dernier au festival Leu Tempo (Île de La Réunion), Créoles et Zoreils côtoyaient ainsi représentants de l'agriculture biodynamique, psychiatre, philosophe ou expert en langue et culture créoles... Autant d'invités conviés par les plasticiens pour donner corps à des utopies, impulser des rencontres, voire initier des réseaux sur des problématiques concrètes - telles que l'autonomie énergétique ou alimentaire dans un contexte insulaire : « En invitant ces gens, nous voulons nous réapproprier un espace public qui a largement dérivé vers le virtuel », explique Xavier Daniel."

 

"Although disarmingly simple, the production conceived by the Reunion Island Collective 'Art Marron' is, however, ingeniously cunning: it's in the middle of the street that Guillaume Lebourg and Xavier Daniel install their Dernier salon où l'on cause ('Last Lounge for a chat') - a peculiar, blue plastic room of mineral and enigmatic beauty, as a joyous invitation to cross intimate and private spheres. "The room is only complete once people are present in the lounge and chat together", explains Guillaume Lebourg. Timid or spontaneous ownership, social mix. The lounge takes the pulse of the public arena, highlights its challenges - customs and limits, taboos and desires. Last May, at the 'Leu Tempo' Festival (On Reunion Island), Creoles and local Zoreilles rubbed shoulders with representatives of biodynamic agriculture, psychiatry, philosophy or experts in Creole language and culture. Guests invited by the visual artists to give expression to utopias, encourage encounters, even initiate networking around specific problems - such as food or energy autonomy in an island context: "By inviting these people, we want to take back ownership of a public arena that has swung significantly towards the virtual", explains Xavier Daniel.

HUMANITÉ(S
C. de Fondaumière
NANOCOSME
X. Daniel
CRÉATION DES MONDES
C. Fauvre-Vaccaro

ÉCOSYSTÈME(S
X. Daniel
CONVERGENCE
IN SITU
C. Alastor
LA COMMANDE
DE GAÏA
C. Bonniol
ART ET SCIENCE
M. Paternoster
STRADDA -
MOUVEMENT
J. Bordenave
AUTEURS

— Julie Bordenave

Journaliste spécialisée dans le spectacle vivant

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